André François et la Publicité !

Après la belle exposition à Paris, à l’Ecole Estienne, initiée par Janine Kotwica, puis à Strasbourg, au musée Tomi Ungerer, c’est à Margny-lès-Compiègne qu’il faut se rendre pour découvrir la dernière rétrospective consacrée à André François : artiste de renommée internationale, né en Roumanie en 1915. Le vernissage a eu lieu, samedi soir, en présence de Pierre Farkas, son fils, ainsi que sa femme et sa famille.

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Le Centre André François consacre une rétrospective à son travail de publicitaire à travers un parcours de plus de 70 oeuvres, réalisées du milieu des années 1930 jusqu’au tournant du XXI ème. Sa carrière fut fulgurante et son talent multiple. André François est considéré comme l’un des plus grands illustrateurs du XXème siècle, ami de Blaise Cendrars, Cassandre, Jacques Prévert. Il avait le goût pour les calembours et la poésie, comme en témoigne cette exposition à découvrir jusqu’au 24 octobre

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A ne pas rater : tout un programme ponctué de spectacles «  Lettre des îles Baladar » , de lectures, de projections d’archives ainsi qu’une conférence proposée par la commissaire de l’exposition Laurence Perrigault, à qui l’on doit, avec Léa Martin, la sélection des oeuvres ainsi que la réalisation d’un catalogue à se procurer.

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Le Cinéma des Surréalistes, aux éditions Maurice Nadeau

Dans les champs magnétiques de ce printemps, il y a un livre formidable qui vient de paraître aux éditions Maurice Nadeau  :  «  Le Cinéma des surréalistes » d’Alain Joubert, en partenariat avec la cinémathèque de Toulouse.

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Alain Joubert, essayiste, romancier et poète, qui rejoignit le groupe surréaliste dès 1955, présente dans cet ouvrage 162 films allant des années 1920 à 2015. Il s’agit de films célèbres ou moins connus — où percent le désir de révolutionner l’entendement humain.

Qu’est-ce qu’un film surréaliste, me direz-vous ?
Selon Michel Ciment, qui signe la préface, « il n’y a pas d’esthétique surréaliste du cinéma , mais des films où convergent les préoccupations et les thèmes surréalistes « comme la révolte, la subversion, l’amour fou, la passion, le merveilleux, l’onirisme, la force du mythe, l’exaltation d’un sacré non religieux, éros et thanatos, l’humour noir ou le non-sens.

Alain Joubert d’ajouter : « un film surréaliste est un film sans logique narrative, ni forme définitive qui sera volontairement contre la tentative de re-créer la réalité ».  Un cinéma qui relève de l’imaginaire et provoque la contreverse !

Bien sûr, Luis Buñuel a ouvert la voie avec Le Chien Andalou et L’âge d’Or, puis viendront Ferreri, Fields, Forman, Greenaway, Hitchcok, Jarmusch, Kubrick, Polanski, Prévert, Renoir, Sternberg… pour ne citer qu’eux.

Ce livre  est passionnant car il fourmille d’anecdotes, bien documentées, qui apportent un nouvel éclairage sur des films que l’on pensait connaître. Il est illustré de photo-collages, numériques et en noir / blanc, de Pierre-André Sauvageot qui  restituent l’esprit du cinéma surréaliste. Un grand bravo !

A noter que les photo-collages de  Pierre-André Sauvageot sont  exposés à la Galerie Malebranche, 11 rue Malebranche, Paris 5 jusqu’au 9 Juin, du mardi au samedi de 14h30 à 19h30.

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Festival Résonances : écrivains et engagements

Depuis un mois, la première édition du festival RÉSONANCES sur le thème «  Écrivains & engagements(s) » se déroule, dans les Hauts-de-France, avec au programme : expositions, manifestations et rencontres littéraires dans les maisons d’écrivain et lieux de patrimoine.

Cette première édition s’achèvera, demain, jeudi 24 mai, à Douai, par un colloque et une table-ronde, que j’aurai le grand plaisir d’animer, à 15 heures , avec les écrivains invités :
Emmanuelle PirotteToday we live et  De profundis, édités au Cherche midi.

Louis-Philippe Dalembert : Avant que les ombres s’effacent,  paru chez Sabine Wespieser ainsi qu’un recueil de poésie En marche sur la terre , aux Éditions Bruno Doucey.

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Kenan Görgün Anatolia Rhapsody, édité aux Vents d’ailleurs et Détecteur de mes songes édité chez Quadrature.

«  La littérature est l’essentiel ou n’est rien. Cette conception ne commande pas l’absence de morale, elle exige une « hypermorale », écrivait Georges Bataille.

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A demain !

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La femme murée, folle de Saint-Lunaire !

Fabienne Juhel, dans son dernier récit «  La femme murée » édité au Rouergue, ne sait pas à quel point elle fait remonter à la surface, des souvenirs d’enfance. Car c’est là, sur la côte d’Emeraude, entre la Garde Guérin et la pointe du Décollé, que j’ai grandi. Elle nous entraîne non loin de la plage de Longchamp où vécut une femme étonnante surnommée,  « la Folle de Saint-Lunaire ».

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Enfant, entre fascination et peur, il m’est arrivé de m’approcher de sa maison qui avait des allures de bunker avec son mirador posé sur le toit. Faite de bric et de broc, de bois flottés et de cageots de récupération, cette construction était en constante évolution au point de digérer le poteau télégraphique ou encore le trottoir ! Il était dit que poussait en son milieu, un tilleul. Je me souviens d’avoir tenté de parler à cette femme qui vivait cachée derrière les murailles de ce pavillon qui finissait par ressembler à une oeuvre d’art brut.

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Fabienne Juhel, toujours sensible aux figures de femmes en marge, nous dit sa passion «  déraisonnable » pour ce personnage, au point d’abandonner un roman en cours pour se consacrer à ses recherches. Qui était cette femme ? Elle s’appelait Jeanne Devidal et était originaire de Brest où, durant la seconde guerre mondiale, elle endura les bombardements. Mue par un élan de réparation, Fabienne Juhel va mener une véritable enquête qui prend la forme d’une conversation.

Entre monologue et dialogue intime, d’une écriture électrique qui rappelle les séances d’électrochocs endurées par Jeanne, alors qu’elle sera résistante et arrêtée par la Gestapo, s’élabore un récit comme une adresse à cette «  glaneuse des plages ».  On imagine ce que fut le traumatisme de cette femme qui se dit poursuivie par « les Invisibles », ce qui lui vaudra plusieurs séjours en hôpital psychiatrique.
« Souviens-toi » dans ce far Ouest breton !  Jacques Prévert et Barbara sont convoqués, Calamity Jane aussi.
Retrouver les indices d’une vie et revoir les « ovales des visages », n’est pas aisée. Restituer les pensées de Jeanne Devidal, c’est aussi décrire un paysage maritime et sonder «  la carte génétique de la mer » , la plage «  cette peau de lapin retournée. » Là, nous entrons dans les obsessions de l’écrivain qui connait bien les tempêtes de la pointe bretonne. Tout cela couve dans une écriture qui est avant tout celle d’une lutte pour dire l’importance de ne pas oublier et de réhabiliter celle qui fut injustement affublée, « de  timbrée ou de la folle du logis. »

Au fil de la lecture, le plus fort est de réaliser que dans «  La femme murée » apparaissent deux femmes : Jeanne Devidal et Fabienne Juhel car l’auteure nous le dit , malgré huit romans, elle s’affirme ici, dans ce travail d’enquête, écrivain. L’écriture est une révélation, un souffle, un coup de vent d’Ouest !

Un grand merci à Fabienne Juhel pour ce magnifique récit contre l’oubli. Souvenons-nous de Jeanne Devidal qui a vécu ses dernières années au foyer logement de Saint-Briac-sur-mer où elle s’est éteinte en 2008, à l’âge de 100 ans.

 

 

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Sens Averse, Valérie Rouzeau

Dans Sens Averse ,  Valérie Rouzeau
nous dit :

« La poésie est une monnaie en quelque sorte
Quelle idée drôle d’idée
La poésie de la monnaie »

I23615Je croyais que la poésie était ce qu’il y avait de plus gratuit, sans idée de retour, sans idée de menue monnaie.
Alors, je poursuis ma lecture et m’aperçois que cette auteure qui «  a beaucoup fait l’enfant » ( nous dit-elle ) nous promène dans tous les sens et surtout en « sens averse » ( c’est le titre de son dernier recueil ) .

Comme les nanoparticules de dioxyde des bonbons colorés, on circule de page en page.  Et tourne le disque pendant que la Terre tourne
Que de jeux de mots où percent une grande mélancolie
pour celle qui a des bleus à l’âme.
Valérie Rouzeau réussit à nous faire sourire
avec des poèmes ancrés dans notre époque
d’happy technologies
de supermarchés discount
de selfie et autres écrans plats
Et sur un petit air de TSF Jazz
tout le grand bestiaire du monde est convoqué.

Valérie Rouzeau retient un peu du temps perdu de l’enfance et on se revoit dans la cours de récrée…  Une partie de billes contre un poème ? What a good deal !

Si la musique, la poésie, l’amour, sauvent de tout, alors il est urgent de la lire !

 

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Wei, à Athée-sur-Cher

Un grand merci à l’Association Lire Délivre, située à Athée-sur-Cher, présidée par Olivier Delaveau ainsi qu’à la bibliothèque  ( Claudine Gatault ) pour leur invitation à participer à la première édition d’un évènement littéraire et multimédia. Avec cette année, un focus sur la Grande Guerre.

Un merci chaleureux à Christine Barbier de l’Association Livre Passerelle, située à Tours, pour sa lecture de  » Te souviens tu de Wei ? « ,  édité par Hongfei.

Les lectures itinérantes étaient assurées par Claude Gallou et Sylvie Boivin de L’Intime Compagnie que l’on peut retrouver, dès ce soir, au Studio Hébertot, à  Paris. Ainsi que le  19 mai, à 15 heures, dans un spectacle  » Apostrophes : Duras / Pivot « .

Cette belle réunion en compagnie de Pascale Delaveau de la libraire  » C’est la faute à Voltaire « , à Amboise !

A bientôt et d’ici là, bonne lecture !

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Dans les eaux profondes

En lisant “Dans les eaux profondes” le récit d’Akira Mizubayashi, publié chez Arléa, on apprend qu’au Japon, il n’y a pas encore si longtemps, on prenait un bain, comme on allait au café. Car, si le bain est associé aux yeux d’un occidental à l’idée de propreté, il est au Japon un savoir-vivre raffiné, poétique, qui rend possible la discussion et la rencontre avec l’autre.
Ce livre n’est pas sans rappeler « Éloge de l’ombre » de Junichiro Tanizaki où, dans un jeu d’ombre et de lumière, on sonde l’âme nippone. Cette fois-ci, on pénètre dans l’eau : celle des bains publics ( sentô ), thermaux ( onsen ) ou encore familiaux, pris dans une baignoire en bois de cèdre : tout un rituel !

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Akira Mizubayashi nous entraine tout d’abord dans l’eau comme dans ses souvenirs personnels et intimes : le premier bain qu’il donne à sa fille, celui avec sa femme ou encore l’ultime bain pris avec son père. Le cinéma d’Ozu est convoqué. Hitchcock également où nous avons tous en mémoire la fameuse scène de la salle de bain dans Psychose !

Puis, Akira Mizubayashi nous dit que la pratique du bain change en même temps que la société  japonaise : les bains publics disparaissant au profit de « la douche rapide à l’européenne ». « Qu’aurions-nous pu avoir, pourtant, à partir de l’expérience collective du partage des eaux chaudes ? » se questionne l’auteur qui en vient au véritable sujet de son essai. Le bain aurait pu être le cadre structurant d’une expérience où se serait développé un collectif, au sens de « contrat social » qui fonde nos démocraties. L’auteur partage ici une réflexion passionnante et sans détour sur le Japon contemporain «  sans vraie opinion publique ni égalitarisme. Il n’y a jamais eu non plus de société à proprement parler ».  L’auteur nous parle donc de l’absence de culture démocratique dans la société nippone, en comparaison avec les Français, attachés à leur grand bain démocratique.

Les dernières pages sont peut-être les plus émouvantes, celles que l’on attendait car elles touchent à la dimension symbolique et psychanalytique du bain. Le titre de cet essai aurait pu être : « Dans les eaux profondes de notre langue maternelle ». La langue française devenant pour l’auteur paternelle. On comprend mieux comment Akira Mizubayashi, d’abord écrivain d’expression japonaise,  est passé 2011 à la langue française qu’il enseigne à l’Université de Tokyo. Passionnant !

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