C’est pas swing, Monsieur Lockwood !

J’ai toujours pensé que Didier Lockwood portait un magnifique nom de découvreur et d’aventurier. Un jour, dans les coulisses des studios de France Inter, je lui avais dit et il avait ri !

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C’était juste avant l’émission « Tous aux abris » de Claude Villers, réalisée par Maïté Vasseur. Je garde en mémoire l’air juvénile et le sourire éclatant de cet immense musicien qui, avec son violon,  imitait le ressac de la mer ou le chant du rossignol !

Si généreux et humble, comme les tous grands. Lui qui avait côtoyé Michel Petrucciani, Miles Davies, Herbie Hancock, Stéphane Grappeli, mais également Claude Nougaro, Barbara et Jacques Higelin.

Un grand merci à Didier Lockwood d’avoir démocratisé la musique, passant avec brio du jazz manouche aux sonates de Maurice Ravel. Il disait :  «Je n’ai jamais aimé les cases. Les barrières ne me donnent qu’une envie, celle de les enjamber ! »
Rien d’étonnant à ce qu’il se soit tant investi dans la promotion de l’éducation artistique en publiant Cordes et âmes, une méthode d’improvisation (prix Sacem 2002), et en créant  son Centre des musiques à Dammarie-les lys.

Oui… c’est triste quand un enchanteur, un homme de cette qualité, s’en va.
Immense respect. Pensées à sa famille et à ses proches.

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Love In The Kitchen !

 » Recettes pour un ami  » , par Raymond Oliver et Jean Cocteau aux éditions de L’Epure. Traqué par les bibliophiles, ce livre est enfin ré-édité.

Votre Valentin (e) ne sera pas déçu (e) ! Oh que non !

« La cuisine est un art » comme nous le rappelle Cocteau citant Pascal, dans son introduction. Alors, plongez sans hésitation dans ce beau livre-illustré ( 30 savoureux croquis à l’encre rouge de Cocteau ) ! Voilà un recueil de recettes qui se déguste, avec gourmandise.

Vous allez découvrir les astuces de Raymond Oliver qui fut Chef cuisinier et propriétaire du Grand Véfour ( au coeur du Palais-Royal ) jusqu’en 1983, véritable institution et longtemps 3 étoiles au Guide Michelin. Cocteau, Colette y avaient leur table.

Ici le Chef, dans un texte d’une grande fraîcheur, nous livre sans détour quelques secrets d’alcôves… les petits plats adorés de Cocteau : comme la vichyssoise garnie de ciboulette… ou le boudin noir à la Lyonnaise. Bien plus qu’un livre de cuisine, il s’agit d’un livre d’amour et d’amitié.

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On pourra commencer par un cocktail d’huître, puis un homard grillé façon Orphée ( clin d’oeil au film ) ou encore le turbot soufflé en papillote. On apprend que Cocteau adorait le gibier… Ce n’est peut-être pas très Vegan tout ça, mais nous voilà déjà dans les fonds d’artichauts et les cèpes au citron… et en dessert ?  une glace aux violettes ou bien la coupe Al Brown … Raymond Oliver avait créé une recette «  Coupe Al Brown » pour le grand champion de boxe et ami de Cocteau, qui était un habitué du Boeuf sur le toit.

A vos fourchettes ! A vos amours ! Whaouf !

 

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PS/ Raymond Oliver est devenu célèbre auprès du grand public en 1953 avec la première émission de télévision consacrée à la cuisine, Art et magie de la cuisine, qu’il a animée en compagnie de Catherine Langeais. Le succès est immédiat. Certains s’en souviennent peut-être !

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Atelier 29, à La Villette

En ce début d’année, il se passe quelque chose de neuf et d’enthousiasmant à la Villette où se joue jusqu’au 11 février “L’Atelier 29” le spectacle de fin d’études de la 29ème promotion du CNAC ( Centre National des Arts du Cirque de Châlons-en-Champagne ).

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C’est certainement l’association des circassiens ( de neuf nationalités différentes )  et des étudiants de l’ENSATT ( Ecole nationale supérieure des arts et techniques du théâtre ) qui apporte ce nouvel élan comme une légèreté qui circule sous le chapiteau. Entre jeux de lumière et d’équilibre, sur roue cyr ou vélo acrobatique, mât chinois, corde ou tissu, on ressent une joie manifeste qui rompt avec le côté plus sombre des dernières éditions. La mise en scène, à la fois horizontale et verticale, multiplie les points de vue et crée une sorte de vertige où les corps, les gestes, les images, les climats et la musique voyagent.

ATELIER 29 - 29e promotion du CNAC -Tout cela est parfaitement orchestré par Mathurin Bolze qui a souhaité mettre en avant le collectif ( plus que la performance individuelle ). Les circassiens évoluent sur des plate-formes en suspension qui se balancent dans l’espace. Cette machinerie volante sert à la fois de décor et d’agrès où les artistes réalisent acrobaties et chorégraphies.

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Les étudiants de l’ENSATT sont intervenus sur la scénographie, les lumières et les costumes. Le nappes musicales et les pépites sonores, comme la voix de Charles Bukowski, sont d’une grande réussite. On peut malgré tout se questionner : et si la technique prenait le pas sur l’humain et les ciracassiens n’étaient plus que des figurants ? Le cirque contemporain est peut-être en train de vivre une mutation.  Il s’éloigne de ses fondamentaux pour peut-être mieux y revenir.

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Photos : Christophe RAYNAUD DE LAGE

 

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La Nuit de la lecture, suite

Qu’avez-vous fait de votre nuit ?

Je suis allée à la Médiathèque musicale de Paris, 8 porte Saint-Eustache (forum des Halles) 75001 Paris, pour vivre une Nuit mauve proposée par l’écrivain haïtien Dany Laferrière. Inspiré et généreux, il a offert à son public ( nombreux ) une séance extraordinaire de lectures à haute voix sur des improvisations musicales de l’artiste Nicolas Repac et sa collection d’instruments insolites. Pur moment de poésie, de digressions littéraires, de rêve et de voyage où l’écrivain a égrené les textes de Jean-Marie Gustave Le Clézio, de Pablo Néruda, de Derek Walcott, de Basho…

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« Il y a des gens qui se revoient, dans leur enfance, flânant dans un jardin ou nageant dans une rivière, moi je me retrouve toujours penché sur un livre, complètement fasciné par ces minuscules signes qui ne cessent de m’inviter à découvrir de nouveaux mondes. Je n’arrive pas à comprendre, aujourd’hui encore, pourquoi je fus si tôt attiré par ces étranges dessins que sont les lettres de l’alphabet. Surtout que les gens qui m’entouraient semblaient toujours intéressés par des choses moins abstraites que des lettres. Avant que ces dernières ne trouvent leur utilité en formant des mots, puis des phrases, j’ai senti l’énergie qui les animait. Il m’a semblé dès le début que ma vie sera liée à ces lettres dont chacune a une place fondamentale dans notre histoire émotionnelle… » (Lumineuses petites clés, BBF, 2012, n°6).

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Quand la lecture à haute voix porte plus haut la littérature. Certains se souviennent peut-être des émissions que j’ai produites sur France Inter :   » Heureux qui comme Ulysse « , « Correspondances » » Partir Avec » et  » A Portée de voix « où les soirs d’été, quand la fraîcheur s’installait, je lisais, en direct des extraits de romans ou de lettres, accompagnée d’auteurs, de voyageurs et de comédiens.  Formidable !

A Portée de Voix avec Lionel Trouillot

Partir Avec Bernard Giraudeau

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Nuit de la lecture

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La Nuit,  Grand Corps Malade

Ça commence par un moment de flottement quand le soleil recule
Un parfum d’hésitation qu’on appelle le crépuscule
Les dernières heures du jour sont avalées par l’horizon,
Pour que la nuit règne sans partage , elle a gagné , elle a raison
En fait j’aime cette instant , j’ vois le changement d’atmosphère
Et si j’y pense un peu j’ me demande comment ça peut se faire
Ce miracle quotidien , le perpétuel mystère qui fait qu’en quelques secondes on passe du coté obscur de la terre

Voici une note pour la nuit, les nuits, les miennes les tiennes
Je ne sais pas comment tu les vis moi mes nuits m’appartiennent
Je les regarde je les visite c’est mon royaume mon château
Je les aime et c’est tant mieux parce que j’aime pas me coucher tôt
J’ te parle pas des nuits parisiennes, des lumières et des décibels
J’ préfère celles du silence et d’ la pénombre qui est si belle
J’te parle pas des nuits en boite, celles des branleurs et celles des poufs

Je préfère les trottoirs vides quand la ville reprend son souffle
Comment exprimer ce que la nuit m’inspire
Ce qu’elle nous suggère et ce qu ‘elle respire
Ce moment d’obscurité qui met en lumière nos fissures
L’ambiguïté en manteau noir, la nuit fait peur, la nuit rassure
En tout cas c’ qui est sur c’est qu’elle influence nos cerveaux
Prends pas de grandes décisions la nuit tu sais jamais ce que ça vaut
Pourtant elle peut être parfois un moment d’ extrême lucidité
Et c’est souvent la nuit qu’ tu crois détenir la vérité
Chaque nuit la suspicion fête son anniversaire
Et quand tu croises un mec dans la rue il te matte comme un adversaire
Y’a des regards méfiants, menaçants ou pleins de panique
En tout cas c’ qui est bien la nuit c’est qu’ y a personne sur le périphérique

Et si t’as pas de voiture surtout loupe pas le dernier métro
Sinon tu raques un taxi ou tu dors avec les char – clo
Tu découvres alors que la lune n’est pas toujours blonde
Tu découvres la vraie nuit, son vrai rythme et son vrai monde
C’est vrai que la faune de la nuit est assez particulière
Y’ a ceux qui taffent ,y’a ceux qui sortent pour voir les putes ou boire une bière

La police est là aussi alors on peut se manger quelques claques
Quand on répond un peu trop fort lors d’un contrôle de la BAC
Dans ta nuit la journée qui vient de finir se reflète
Tu fais ton p’tit bilan , journée de galère ou jour de fête
Si t’as peur du lendemain tu penses aux proverbes un peu balourds
« la nuit porte conseil » ou bien « demain il fera jour »
Voici une note pour la nuit, douce nuit d’été, ou longue nuit d’hiver
Nuit calme et reposée ou nuit trop riche en faits divers
Nuit blanche lors d’une nuit noire où même la lune s’est dérobée
J’ te propose juste quelques photos de notre monde , face B
Voici une note pour la nuit qui nous a vu remplir tellement de pages
Qu’à cet instant je la fixe sur ma feuille comme un hommage
Elle offre au poète tellement d’heures sans bruit
A c’ qui parait la nuit tous les stylos sont pris

Le programme près de chez vous !

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André François, l’imagination graphique

Jeudi soir dernier, a eu lieu le vernissage de l’exposition que la prestigieuse Ecole Estienne consacre à l’artiste de renommée internationale : André François.

C’est Janine Kotwica qui en est à l’initiative, en duo avec Camille Scalabre, professeur.
Deux commissaires, donc, pour une exposition ( dédiée à l’éditeur Robert Delpire, disparu en septembre ) qui se tient jusqu’ au 15 février, 18 boulevard Auguste Blanqui, Paris 13 ème arrondissement.

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Ce soir là, étaient présents les enfants de l’artiste : Katherine Kemmet et Pierre Farkas, ainsi que de nombreux étudiant(e) s et illustrateurs talentueux comme Georges Lemoine, Zaü, Henri Galeron, pour ne citer qu’eux.

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On ne présente plus Janine Kotwica, critique spécialisée dans l’illustration et les arts graphiques, qui est à l’origine du Centre André François, créé en 2010 à Margny -les- Compiègne. Là, se tiendra également, à partir du mois de mars, une rétrospective de celui qui tient une place considérable dans le monde des Arts.

André François est né en Roumanie en 1915. Sa carrière fut fulgurante et son talent multiple. Pas étonnant qu’un autre tout grand : Tomi Ungerer soit si admiratif de son oeuvre qui  a marqué les arts visuels du XXème siècle, aussi bien dans les domaines de l’illustration que de l’affiche.

D’une très grande liberté, André François a su donner une nouvelle dimension à l’imagination graphique. Un univers à découvrir absolument !

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Un homme qui lit en vaut deux !

Voilà un beau programme pour l’année à venir, et plus encore ! C’est la devise qu’on peut lire encore sur la vitrine de l’ancienne librairie « Les vraies richesses » ( un nom inspiré par Jean Giono ), située à Alger, rue Hamani ( ex-rue Charras ) à deux pas des facultés.

C’est là, dans cette annexe de la Bibliothèque centrale d’Alger, qu’a commencé l’aventure éditoriale d’Edmond Charlot ( 1915-2004), libraire et premier éditeur de l’Algérois Camus. Edmond Charlot a 20 ans, en 1935, quand il ouvre cette librairie pour promouvoir de jeunes écrivains de la Méditerranée, sans distinction de langue ou de religion. Son idée est de prendre exemple sur Adrienne Monnier et sa librairie parisienne. Tout à la fois bibliothèque de prêt, maison d’édition et galerie d’art, il fait de cette librairie l’un des principaux lieux de rencontre des intellectuels d’Alger, écrivains, journalistes et peintres. Sur 28 m2, les étagères sont lourdement chargées. On y trouve beaucoup de romans , parmi lesquels des chefs-d’œuvre de la littérature universelle, des livres d’histoire touchant à l’Algérie, mais pas uniquement. On apprend que sur la petite mezzanine écrivait parfois le jeune Albert Camus.

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Avec brio, la jeune romancière Kaouther Adimi imagine les carnets de ce découvreur de talents, faisant vivre au jour le jour ses enthousiasmes… Elle alterne les scènes entre l’Alger d’aujourd’hui et celui des années 1930. On croise Albert Camus, Jules Roy, Henri Bosco, Max-Pol Fouchet, Emmanuel Roblès ou encore Kateb Yacine. Près de 80 ans plus tard, l’écrivaine met en scène Ryad, 20 ans, étudiant à Paris, qui n’éprouve qu’indifférence pour la littérature. De passage à Alger, il doit vider de ses livres ce local. Tâche compliquée par la surveillance du vieil Abdallah, sorte du gardien du temple…

Quand la littérature devient politique : la romancière nous livre des pages d’une très grande force quand elle raconte les années d’Occupation en Afrique du Nord. Vichy avait à l’œil l’éditeur Edmond Charlot qui fera de la prison. Elle rappelle Sétif et la guerre qui s’ensuit, « une guerre que l’on masque sous le nom d’ évènements » , les ratonnades à Paris de 1961, le plasticage de la libraire Rivages, rue Michelet à Alger.

Un jour, j’aimerais aller de l’autre côté de la Méditerranée au 2 bis de la rue Hamani, pousser la porte de la librairie  » Les Vraies Richesses » qui est toujours là. Et vous  ?

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