Fifi Brindacier, quelle modernité !

Vient de paraître aux Éditions Gaïa, LA première biographie consacrée à Astrid Lindgren, écrivaine suédoise qui est la maman de Fifi Brindacier, enfant terrible de la littérature de jeunesse, magnifique symbole en cette journée internationale de la femme.

C’est le Danois Jens Andersen qui retrace la vie de la romancière suédoise et c’est Alain Gnaedig qui nous en livre la traduction en français. On découvre une femme merveilleuse, avant-gardiste et indépendante. Féministe dans les années folles, pacifiste dans les années 1940, militante écologiste dès les années 1960, elle sera pionnière de l’éducation libre.

Rien d’étonnant à ce que son personnage emblématique Pippi Långstrump «  Fifi brindacier » soit une enfant de neuf ans vivant seul, n’allant pas à l’école, se moquant des adultes. Fifi Brindacier impertinente, avec ses nattes rebelles, est finalement « une anarchiste » comme me le disait il y a quelques années l’écrivain suédoisBjörn Larsson.

Fifi Brindacier est née en 1945.

On apprend qu’Astrid Lindgren, qui grandit à la campagne, sera l’une des premières jeunes filles de son village à se couper les cheveux » à la garçonne ». Mère à 19 ans, elle prendra l’habitude de raconter des histoires à ses enfants. En 1945, pour les dix ans de sa fille Karin, elle invente l’histoire de Pippi Långstrump littéralement « Pippi longues-chaussettes ». Elle n’a encore rien publié. Dans cette histoire, elle remet en cause les rapports de pouvoir entre adultes et enfants, entre garçons et filles. Ce personnage hors du commun contribuera à lutter contre les représentations stéréotypées et sexistes des enfants dans les livres pour la jeunesse.

Curieusement, ce jeune personnage extrêmement populaire ailleurs en Europe sera très longtemps ignoré en France. Pourquoi Fifi Brindacier dérangeait-elle ? Etait-elle trop libre ? Lors des premières publications, nombre d’adultes pensaient qu’un personnage destiné aux enfants se devait d’être plus sage !
Il faut attendre la traduction en 1994 d’Alain Gnaedig ( merci à lui !) pour que paraissent en 1995 : les 3 volumes des histoires de Fifi. Il aura la chance de correspondre avec Astrid Lindgren. Depuis, il a traduit 13 autres livres de d’Astrid Lindgren qui meurt en 2002, après avoir été désignée en 1999 la « Suédoise la plus aimée du siècle » . Un grand bravo !

Publicités

A propos Gwenaëlle Abolivier

Formée à l’école de Claude Villers, elle présente sur France Inter, pendant près de vingt ans, des émissions de reportages où elle raconte ses grands voyages à travers le monde. « Un ticket pour le transsibérien » , » Le courrier des Marquises « . Plus récemment, elle a écrit des pièces radiophoniques « La nuit en ce jardin », puis se consacre à la littérature de voyage « Heureux qui comme Ulysse » et aux relations épistolaires « Correspondances » ainsi qu’aux grandes voix du XXème siècle « Partir Avec » et « À portée de voix ». Elle continue d’intervenir sur France Inter dans » Interception « , magazine de grands reportages de la rédaction et à la radio suisse RTS. Elle collabore également pour aux revues : Ar Men et Eulalie. Gwenaëlle Abolivier est l’auteure de : -Lettres océanes (Glénat, 2010) – Alexandra David-Néel, une exploratrice sur le toit du monde ( À dos d’âne, 2012) – » De Saint-Malo » ( Les petites Allées, 2013 ) – » Ecrire d’amour à 20 ans » ( A dos d’âne, 2014 ) – » Le timbre de l’amitié, lettres de jeunesse » ( A dos d’âne, 2015) – » Tendre est l’écrit » ( A dos d’âne, 2016 ) -Vertige du Transsibérien ( Naïve, avril 2015 ) – » Te souviens-tu de Wei ? » illustré par Zaü ( Hongfei, 2016 ) -« Qui a vu Monsieur Corbu ? » ( Editions Bernard Chauveau, 2016 «
Cet article, publié dans Coup de coeur, littérature de jeunesse, Ma petite librairie, Voyage, est tagué , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

4 commentaires pour Fifi Brindacier, quelle modernité !

  1. cdutestemi dit :

    Bonjour Gwenaëlle,

    Il a fallu attendre la publication, certes, mais je me souviens que lorsque j’étais petite fille, ce personnage avait fait  l’objet d’une mémorable  série à la TV !! cela devait être dans les années 60.

    Peut-être n’étais tu pas née encore ?

    Bises

    christine

  2. Ronald Valois dit :

    Je vous salue Gwenaëlle et me souviendrai toujours de votre visite dans les plaines du Manitoba!

    • Cher Ronald, je vous salue aussi ! Moi aussi je garde un souvenir très fort de ma venue chez vous, au Manitoba. J’attends le moment d’y revenir ! Un grand merci pour votre message qui me va droit au coeur.

Répondre

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s