Pontée, au pays des boîtes

Il y a des livres qui nous prennent par les sentiments. Pontée édité chez Arléa est de ceux-là.

Jean-Paul Honoré, linguiste et auteur, nous raconte son embarquement à bord du Bougainville, l’un des plus grands porte-conteneurs du monde ; trente-huit jours d’un voyage maritime qui le ramène de Chine jusqu’en Europe, via le détroit de Malacca, le canal de Suez et Gibraltar.
Seul pax à bord, entendez par là, passager, il tient son carnet de voyage où il conjugue une écriture poétique et documentaire pour décrire l’atmosphère, mais également ses sensations, étonnements et rêves de tous les départs.
L’auteur, qui ne manque pas d’humour, nous fait partager sa découverte du ventre du navire ainsi que les grands terminaux où transitent les denrées de la consommation mondiale. On vogue et on remonte les méridiens. On ne navigue pas un petit navire, mais bien sur un géant des mers, long de 398 mètres qui peut transporter des milliers de boîtes : près de 20 000 conteneurs ( équivalent chacun à un camion !) car près de 90 % des produits manufacturés que nous consommons sont transportés par mer.

Néanmoins, ce récit ne nous dit rien de l’empreinte carbone de ce transport ni de la responsabilité de la Marine Marchande dans le réchauffement climatique. L’auteur nous entraine plutôt dans cet univers singulier, à la fois industriel et naturel, où -selon lui- un «  terrien n’a rien à faire ». Lui-même voyage et observe, comme en retrait. On n’apprendra rien des raisons profondes qui l’ont poussé à réaliser ce périple sur mer. L’horizon et la nappe maritime dans ses variations sont peu évoquées.

Pontée est assurément un embarquement dans les mots et la littérature de voyage, une lente conversation entre l’auteur et le monde. Jean -Paul Honoré participe avec Jacques Jouet et Cécile Riou au « projet poétique planétaire » qui consiste à écrire un poème par jour, adressé à un inconnu, dans le monde entier.


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A propos Gwenaëlle Abolivier

Formée à l’école de Claude Villers, elle présente sur France Inter, pendant près de vingt ans, des émissions de reportages où elle raconte ses grands voyages à travers le monde. « Un ticket pour le transsibérien » , » Le courrier des Marquises « . Plus récemment, elle a écrit des pièces radiophoniques « La nuit en ce jardin », puis se consacre à la littérature de voyage « Heureux qui comme Ulysse » et aux relations épistolaires « Correspondances » ainsi qu’aux grandes voix du XXème siècle « Partir Avec » et « À portée de voix ». Elle continue d’intervenir sur France Inter dans » Interception « , magazine de grands reportages de la rédaction et à la radio suisse RTS. Elle collabore également pour aux revues : Ar Men et Eulalie. Gwenaëlle Abolivier est l’auteure de : -Lettres océanes (Glénat, 2010) – Alexandra David-Néel, une exploratrice sur le toit du monde ( À dos d’âne, 2012) – » De Saint-Malo » ( Les petites Allées, 2013 ) – » Ecrire d’amour à 20 ans » ( A dos d’âne, 2014 ) – » Le timbre de l’amitié, lettres de jeunesse » ( A dos d’âne, 2015) – » Tendre est l’écrit » ( A dos d’âne, 2016 ) -Vertige du Transsibérien ( Naïve, avril 2015 ) – » Te souviens-tu de Wei ? » illustré par Zaü ( Hongfei, 2016 ) -« Qui a vu Monsieur Corbu ? » ( Editions Bernard Chauveau, 2016 «
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