Verdun, des lettres de survie

Il y a cent ans débutait l’enfer de Verdun. Triste anniversaire… Et comme le rappelle l’historien Paul Jankowski :  » Verdun  symbole de la guerre industrielle et de sa futilité avec cette débauche d’hommes et de matériels pour revenir juste au point de départ  » . N’oublions pas qu’entre février et décembre 1916, il y a eu 300 000 morts ( dont 160 000 Français ) et qu’aujourd’hui, à nos portes, les bombardements continuent de gronder.

Guerre et posteDans cet enfer, écrire et recevoir des lettres est, pour ces jeunes soldats, de l’ordre de la survie. Elles se veulent plus fortes que la mort et consolent, en partie, de l’horreur des bombardements en les aidant à supporter l’insupportable d’une guerre qui se révélera l’une des plus grandes boucheries du XX ème siècle. Dans l’anthologie « Ecrire d’amour à 20 ans », parue en 2014 aux Editions A dos d’âne, j’ai sélectionné des lettres de poilus dont celle-ci écrite par Maurice Drans.

1916

Mon tout-petit
Je lève mes yeux vers le ciel de miséricorde, vers ton regard bleu, exprimé, au-dessus de la guerre, au-dessus du méchant monde, en une invocation muette et fervente. J’appelle ta tendresse, toute la vertu de ta jeune présence. Elle est si belle et troublante ma petite fiancée ! J’égraine le rosaire de tes prières illuminées. J’épelle ton amour de vingt ans avec les lèvres de ma jeunesse croyante. Je me dis avec extase qu’avec toi seule je puis créer le bonheur de vivre, si je reviens ! Grâce à toi, penchée vers moi comme un miracle, s’accomplira mon miracle de vivre. Je vais tellement avoir foi que le bon Dieu me gardera, aura pitié des deux enfants qui s’aiment. Et puis ce sera la paix mon amour. Va, sèche tes beaux yeux. Prépare tes petites mains roses à me conduire tout le long du beau voyage. Donne-moi tes lèvres encore et encore et murmure : «Je t’aime !»

Maurice Drans

Il est âgé de 23 ans en 1914 quand la Première Guerre mondiale éclate. Il est originaire de Fresnay-sur-Sarthe où ses parents sont commerçants. Ce jeune soldat a fait des études au Mans, où il développe un goût pour l’écriture et la littérature avant d’être incorporé dans le 262e régiment d’infanterie. Lors d’une permission, il fait la connaissance de Georgette : une jeune orpheline à qui il écrira de superbes lettres d’amour pendant toute la durée du conflit.

1ere de couv EA

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