Un dimanche à Ouessant !

Ce dimanche à Ouessant, j’ai été réveillée par de drôles d’oiseaux :  Mademoiselle Marcelle et Monsieur Emile de la compagnie « L’Art déraille » qui déclamaient, le sourire aux lèvres, des messages tombés au fond de la boîte aux lettres des îles.  Des messages postés de façon anonyme  au cours de la nuit qui est ici balayée par le faisceau du Créac’h.  Vous savez peut-être que la magie de la nuit, sur cette île finistérienne, tient aussi à l’incroyable présence de cet œil lumineux ( le phare le plus puissant d’Europe ) qui tourne silencieusement sur lui-même.

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« Penser à lui demander son numéro, je crois que je suis amoureux « , furent les premiers mots entendus, portés par la voix de la comédienne. Sans transition :  » Il faudrait du bonheur  pour faire péter tout ça !  »  Tous les goûts et les humeurs sont dans la nature et plus particulièrement  au salon littéraire de Ouessant qui fête son quinzième anniversaire.

Nous vivons la pleine adolescence d’un salon où les mots s’écrivent, se lisent, se déclament sur tous les tons, se chuchotent aussi et certains dans le plus grand des secrets !

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C’est la belle proposition de spectacle  de la Compagnie l’amiral b.  » Le secret dans l’île « , d’après un scénario de Louis-Ferdinand Céline . Au cours de cette création mi-théâtre, mi-chant, on en apprend plus sur l’attachement de l’écrivain à la terre de Bretagne. Céline dont le grand-père paternel était vannetais, se disait « breton de Paris« . Il a d’ailleurs séjourné à de nombreuses reprises dans l’Ouest, ce qui lui a inspiré un scénario de film écrit en  1934.

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Une histoire de tempête, de navire échoué, de belle étrangère, de passion amoureuse,  de jalousie, de drame qui se trame sur une île, inspirée par Molène et Ouessant. Selon Charles-Louis Roseau, musicien et initiateur du projet, le titre original du scénario devait justement être au départ : « Ouessant ».

La jeune compagnie  nous propose donc une lecture nouvelle de ce texte ilien. La chic  idée étant de projeter les gravures d’Emmanuel Gatti  en même temps que la mise en voix (belle présence du comédien  Maxence Goudault- Montagne ) et en musique de cette fiction, éditée en 1936. « Il ne s’agit pas d’illustrer le scénario  »  comme me le précise l’artiste-graveur ,  » mais bien de créer et de proposer des paysages intérieurs  correspondant à des états sensibles du texte. » Sont projetées  des gravures noir de jaie et vert étain, proches des premiers essais photographiques qui renforcent et soutiennent la puissance des mots.

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En ce dimanche au bout du bout de la Bretagne, les conférences, café-littéraire, les propositions ne manquent pas.  Et quand les auteurs primés se trouvent au bout du monde,  ils sont tout de même présents à Ouessant, grâce à la visioconférence !

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Sur écran : Philippe Lutz qui a reçu hier , le Grand Prix des îles du  Ponant 2013  pour  Iles grecques, mon amour ( Mediapop Editions ).

Où que vous soyez, je vous souhaite une belle soirée !

Au fait, avez -vous remarqué que sur l’affiche du salon, l’île de Ouessant est représentée à l’envers ? On me dit qu’il faut la regarder dans un miroir.  « L’île de l’île »,  cela a fait sérieusement phosphorer les organisateurs ! Encore une histoire de palindrome à lire dans les deux sens !

 

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